Pierre Desproges
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Les grandes obsessions desprogiennes...

L'écriture

« Maurice Genevoix qui marche pensivement dans la forêt en regardant les écureuils s’enculer dans les arbres, ça c’est un écrivain… Moi, je suis écriveur… »

Interview dans "N comme nouvelles" avril 1987

J’ai l’intention néanmoins d’écrire pour les autres. Je verrais bien réunis des gens comme Depardieu et d’autres.

Propos recueillis par R. Floutier, Midi libre

On savait que Desproges était une plume qu’on ne se lasse pas de relire et une voix dont on a du mal à oublier le ton distancié. On sait aujourd’hui qu’il est un auteur que l’on peut jouer, que l’ont peut s’approprier, dont on peut illustrer l’univers et les réflexions sans craindre de s’inscrire dans une époque révolue. Bref, un auteur vivant et encore contemporain pour quelques siècles.

Gérard Biard, Charlie Hebdo 26 mars 2008 (Critique du spectacle : Mon cadavre sera piége par Emmanuel Matte)


Desproges s’explique…

Je préfère le mot « écriveur » parce que j’écris pour la scène, pour la radio, pour la télévision, pour mes enfants, pour mes amants, pour mes maîtresses, pour la littérature, si l’on peut appeler cela de la littérature. Tout ce que je fais passe par l’écriture. Écrivain c’est à la fois trop restrictif et trop pompeux. Je suis quelqu’un du verbe. Je suis quelqu’un qui vit du verbe.

Vous avez un langage très classique avec quelques dérapages. Finalement vous n’êtes pas très moderne.
Non, pas du tout, je suis complètement archaïque. J’ai un frileux respect du langage. Je ne suis pas pour autant contre l’évolution et les apports de mots étrangers dans les langues, mais à condition qu’ils aient une vraie raison d’être.

Vous travaillez beaucoup vos textes ?
Je travaille comme un artisan. Je suis très méticuleux, soigneux, besogneux même. Je pèse chaque phrase, chaque mot et je passe des heures dans les dictionnaires. J’ai des Quillet, des Robert, des Larousse. J’aime bien les dictionnaires.

Et les textes de vos spectacles ?
Encore plus, car il y a le son, la phonie du mot.

Propos recueillis par Jean-Louis Berger et Gilles Brochard
N comme nouvelles (avril 87)


Pourquoi êtes-vous toujours aussi bref ?
Je dois ça à ma nature velléitaire et papillonnante. Et puis vous comprenez, je n’ai pas que ça à faire. D’autant que pour cinq minutes de verve, je passe des heures dans les transcendances de l’écriture. C’est du travail. Faut jamais oublier de considérer cet angle-là.

Le Matin


Faut-il être fou pour pratiquer le métier de faire rire ?
C’est une folie qui m’est assez naturelle : tordu, distordu mais pas complètement braque. Quand j’écris ou que je fais de la radio, ce qui doit faire marrer les gens, ce sont mes phrases très clean qui tout d’un coup tombe dans le ravin. Je suis à la fois bordélique, velléitaire et papillonnant, mais je compense ma folie en marchant dans les clous, en étant ponctuel et en collectionnant les dictionnaires.

Libération

Gloire et pouvoir

Donc, d’après toi il n’y a pas de danger de grosse tête, de mégalomanie…

De grosse tête ! Je ne me prends pas pour de la merde. Je ne me prends pas pour quelqu’un de passionnant mais à partir du moment où on fait un métier public et que ça marche, on est content. Si c’est ça avoir la grosse tête… Non, la grosse tète, c’est quand on se surestime. Je ne sais pas si je me surestime, mais je ne me méprise pas complètement dans ce que je fais.
Je ne me prends pas pour quelqu’un de passionnant mais à partir du moment où on fait un métier public et que ça marche, on est content. Si c’est ça avoir la grosse tête… Non, la grosse tète, c’est quand on se surestime. Je ne sais pas si je me surestime, mais je ne me méprise pas complètement dans ce que je fais.

La Seule certitude que j'ai c'est d'être dans le doute, Éditions du Seuil / Entretien avec Y. Riou et Ph. Pouchain, Tôt ou Tard /

«Querellus editoriam, ça va comm’ sum.

«Querellus editoriam, ça va comm’ sum. »
« Cessons de chercher querelle à l’éditeur », disait déjà Pline l’Ancien il y a près de deux mille ans. Rarement, au cours de l’histoire du monde, une profession aura été autant controversée que celle d’éditeur.

Aujourd’hui encore, on accuse les éditeurs d’exploiter les auteurs.
Dieu merci, ce n’est pas l’avis de tous. À la question : «Les éditeurs sont-ils un mal nécessaire ? » 100 % des maquereaux de Pigalle interrogés répondent : «Oui, bien sûr. Si y a personne pour les pousser au cul, les livres, y restent dans la rue au lieu de monter dans les étages. »

Réquisitoire contre André Balland / Tôt ou tard, Éditions du Seuil /

Desproges dit par : Alain Chabat


Alain Chabat "cancer"
envoyé par pierredesproges

Desproges dit par : Philippe Torreton


Philippe Torreton "Klaus Barbie"
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Desproges dit par : André Dussollier


André Dussollier "contradiction"
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Desproges dit par : Isabelle Habiague et Didier Bezace


Isabelle Habiague et Didier Bezace
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Desproges dit par : Alain Chabat


Alain Chabat "cancer"
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Mon cadavre sera piégé...

En ce moment:

A nouveau disponible:

Vidéo : Antoine de Caunes : "Il faut lire Desproges"




De ses "brèves" publiées dans L’Aurore dans les années 1970, à ses Chroniques de la haine ordinaire parues en 1987, Tout Desproges paraît en un seul volume au Seuil, accompagné d’un cahier hors texte d’une cinquantaine de photographies de Pierre Desproges, pour la plupart inédites, et d’un DVD qui propose des interviews marquantes réalisées par l’auteur, des extraits de ses spectacles, et des images de comédiens qui se situent dans son héritage.

Éditions du Seuil










Les quelques dates à venir.


Mon cadavre sera piégé
envoyé par agglosqy

Comédie Française

Mise en scène de la lecture de textes écrits par Pierre Desproges, présentée en 2002 au Studio-Théâtre. Remerciements à Hélène Desproges.

" En l’absence de Coluche, qui à été retenu par un cercueil, et de mon confrère et ami Guy Bedos qui participe en ce moment même à la remise du prix « gauche-caviar » à Laurent Fabius pour son livre « Je m’ai bien marré à Matignon » en l’absence de ces rois du rire, c’est à moi, Mesdames et Messieurs, qu’échoit le redoutable honneur de présider cette grotesque mascarade promotionnelle et médiatique dont l’intérêt culturel n’échappera à personne, bien que le buffet ne soit pas de Lenôtre. "
Pierre Desproges


Entré à la Comédie-Française le 1er juillet 1998, Christian Gonon a interprété Gremio et un valet dans La Mégère apprivoisée de Shakespeare mise en scène par Oskaras Korsunovas, Belardo et le Peintre dans Pedro et le commandeur de Lope de Vega mis en scène par Omar Porras, De Ciz dans Partage de Midi de Claudel mis en scène par Yves Beaunesne, le Renard et l’Homme dans Fables de La Fontaine mises en scène par Robert Wilson et Cassius dans Tête d’or de Claudel mise en scène par Anne Delbée.

Entré à la Comédie-Française le 1er juillet 1998, Christian Gonon a interprété Gremio et un valet dans La Mégère apprivoisée de Shakespeare mise en scène par Oskaras Korsunovas, Belardo et le Peintre dans Pedro et le commandeur de Lope de Vega mis en scène par Omar Porras, De Ciz dans Partage de Midi de Claudel mis en scène par Yves Beaunesne, le Renard et l’Homme dans Fables de La Fontaine mises en scène par Robert Wilson et Cassius dans Tête d’or de Claudel mise en scène par Anne Delbée.

Cartes blanches aux Comédiens-Français. Quatre fois par an et pour une représentation exceptionnelle, un comédien ou une comédienne de la maison de Molière se dévoile à travers un univers théâtral, littéraire ou poétique. Benjamin Jungers organise la lecture d’un texte original dont il est l’auteur, le 13 décembre 2008. Shahrokh Moshkin Ghalam présente un travail sur des textes du poète Paul Melki, le 7 février 2009. Gilles David organise sa carte blanche autour de Nena problema de Laura Forti le 4 avril 2009.

N’hésitez pas à nous contacter pour de plus amples informations au 01 44 39 87 00 / 01. En espérant avoir le plaisir de vous accueillir prochainement, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, nos salutations respectueuses.
Marie Baron, chargée des relations avec le public

Théâtre du Vieux-Colombier – 21, rue du Vieux-Colombier- Paris 6e

L’écriture de Pierre Desproges vu par...

Il a plus d’idées à lui tout seul que tout le cheptel "comique" réuni. Et puis, mine de rien, ses petites phrases qui nous en bouchent un coin, elles ne lui viennent pas comme ça, en claquant des doigts. Alors, autant amortir l’effort. "Pour cinq minutes de ma verve, je passe des heures dans les transcendances de l’écriture. C’est du travail. Faut jamais oublier de considérer cet angle-là."

Vialatte et Desproges sont des obsessionnels patentés, mais ce n’est évidemment pas leur seule fraternité. Zoologues pétris d’affection pour l’humanité (même si cette affection est nettement mieux camouflée chez Desproges que chez Vialatte), observateurs amusés de l’homme, de la femme et du pangolin, amoureux fous de la grammaire et de la belle écriture, moralistes à l’occasion, ils luttent tous deux contre l’absurdité, avec cette politesse qui consiste à nous faire pouffer de ce qui les navre.

Il a une admiration forcenée et non sélective — il craque même sur Jean Cau — pour les gens qui écrivent bien. "Ce travail artisanal de l’écriture, c’est la seule chose que je respecte vraiment."

Desproges, portrait / Marie-Ange Guillaume / Éditions du Seuil / 17/09/2008

L’écriture de Pierre Desproges vu par...

On sait que Desproges était aussi bon écrivain que lecteur passionné, et qu’il ne prisait rien d’autre que la lecture d’un certain nombre d’auteurs : c’était un adepte du temps de la lecture. Écrivain qui jonglait avec les mots souvent impudique et salaces, n’en finissait pas de s’arrêter sur leurs significations et de les retourner en tous sens, d’en montrer la face impudique et la face pudique, il avait pour malin plaisir – et c’est celui qu’il fait partager – de rappeler au spectateur qui se lovait dans sa passivité naturelle qu’il devait lui aussi devenir un artiste de la langue et y prendre plaisir. Poussant à son comble l’arme de l’impudeur langagière, lui qui ne croyait à pas grand chose, il n’avait d’autre passion que de convertir la passivité en parole acide, en échange.

Revue Esprit / Olivier Mongin / 12/1997

 


Liste des commentaires sur ce sujet

1 commentaire

 

Bonjour,
je voudrais savoir si PD avait des collaborateurs(des nègres quoi !)... des petites mains... pour l'aider dans sa production peu volumineuse, certes, mais tellement (re)travaillée.
D'un côté, il a pu recycler ses propres textes à l'occasion...
Du même côté, son chat, sa femme et ses filles... ça fait déjà une équipe valab'...

Cordialement,

Pierre n'était pas quelqu'un qui pouvait travailler facilement en équipe : " Je suis un individualiste hystérique", il n'a donc jamais eu de nègres...

Cordialement,

La rédaction
Ecrit le 09 Mai, 2010 11:02 par laf001

 


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